HIANDJING PAGOU-BANEHOTE

Hianjing dit avoir un nom de famille double qui lui assigne une place dans le monde. Une place et une fonction, celle d’être sculpteur. Mais cette découverte fut relativement tardive, et elle est venue par le canal d’un rêve. Dès lors, il sculpte le bois et la pierre, participe à de nombreuses expositions, tient un temps une galerie à Montpellier où il accueille les oeuvres de ses frères kanak. Ici à Groix, pour le festival, il sculpte un bois flotté échoué à Port-Lay, qui attendait patiemment son ciseau.

Hianjing sculpte l’identité du monde Kanak, ce que l’on appelle la « tradition », c’est-à-dire la vie quotidienne d’une communauté, mais en admettant – ce fut une part de la conversation -, que cette tradition et ses usages ont changé dansl’histoire et furent repensés à la une des modernités.

Les thèmes fonctionnent à la fois comme une écriture et une identité de clan, reconnus par tous : aussi un autre sculpteur peut-il poursuivre le travail, s’il en en a le désir ou l’opportunité. Et ils peuvent être agencés autrement, comme une marque individuelle : Hianjing porte les motifs qui le désignent tatoués sur le dos de la main.

A la question «pourquoi sculpter ?», Hianjing répond : «pour regarderd’une autre façon» et on comprend aussi qu’il veut dire : «pour que l’on nous regarde d’une autre façon». Et aussi : parce que c’est le geste qui va créer les mots. C’est d’ailleurs lui qui explique le sens de cette expression, reprise dans l’éditorial.

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