LAIZA PAUTEHEA

C’est au cours de sa dernière année de faculté arts plastiques que LAIZA PAUTEHEA collabore véritablement avec le SIAPO  à l’occasion de JARDIN EN OUTRE.MER et du FESTIVAL DE ROCHEFORT. Nous connaissions déjà plus ou moins son parcours d’artiste depuis 2009 à l’occasion de l’expostion MANUIA PARIS à la DELEGATION DE LA POLYNESIE avec d’autres jeunes talents tels  Valérie Newland, Tereva Galopin et Fany Edwin.  Celle-ci participe à la prestigieuse expo – LATITUDES TERRES DU PACIFIQUE 2005 à l’HOTEL DE VILLE) … Y sont aussi présents, Micheline Néporon, Patrice Kaikilekofe et Ela Tomaga. Laiza sera par la suite appelée à exposer à l’EXPOSITION UNIVERSELLE DE SHANGHAI, aux commandes de l’atelier « TATOUAGES POLYNESIENS ». C est alors une jeune femme épanouie et déterminée.Pleine d’avenir, d’énergie et de sincérité, Laiza ‘est avant tout une polynésienne des temps modernes dans l’action. Elle excelle dans tout ce qu’elle entreprend et se soucie du moindre détail.

 Son expérience du milieu artistique contribuera à faire aboutir « OUTRE.TERRES », en exposition avec MALESELO TAUGAMOA et FANY EDWIN. En se mettant en scène, elle garde un oeil sur l’objectif, c’est elle qui le dirige de manière à obtenir avec précision le résultat souhaité : souvent en trompe l’oeil. Dès l’obtention de son CAPES ARTS PLASTIQUES, Laiza enseigne aujourd’hui la discipline dans un collège de TAHITI.

Née en 1976 à Auckland  – Vit et travaille à Papeete (Tahiti).
Laiza Pautehea a grandi à Tahiti, mais son coeur est attaché aux Marquises. Sensible à l’évolution de la société  olynésienne et souhaitant s’imprégner des traces de sa culture, elle se met en scène dans des performances, vidéos ou photographies réalisées sur des lieux symboliques (devant une statue moai à l’île de Pâques, sur un paepae aux Marquises ou un marae à Ra’iatea…).
Avec
Ma culture endormie, Pautehea
« se tatoue » le visage en projetant, avec les rayons du soleil, des tatouages peints sur une vitre. Par ce procédé à la fois simple et éphémère, l’artiste s’interroge sur la valeur et la permanence de cette tradition emblématique du peuple polynésien.

Elle a présenté son travail à Montpellier, à Aix-en-Provence et à l’occasion de plusieurs expositions à Tahiti, notamment l’exposition « Cru », à Papeete en 2005.

Artiste, Laiza Pautehea s’exprime en se mettant en scène dans les situations les plus diverses, performances figées par des photos. Elle a été choisie par la CCISM pour scénographier l’espace dévolu au tatouage tahitien à l’exposition universelle. Rencontre avec une artiste aux mille projets.

Elle participe à l’exposition universelle de Shanghai

Tout a commencé à Paris, en janvier dernier. Gilles Yau, président de la CCISM (Chambre de Commerce d’Industrie, des Services et des Métiers de Polynésie française) est venu au foyer des Tahitiens, un appartement situé dans le sixième arrondissement. Devant les tergiversations du Pays sur sa participation ou non à l’exposition universelle de Shanghai, la CCISM avait décidé d’agir seule. Du 15 au 30 mai prochain, la chambre de commerce disposera donc d’un espace au sein du pavillon français. Et Laiza Pautehea sera en Chine pour installer l’espace qu’elle a conçu autour du tatouage. “Nous étions une quinzaine d’étudiants et Gilles Yau nous a présenté Shanghai, raconte Laiza, en nous disant qu’il restait la partie sur le tatouage à imaginer, qu’il ne savait pas encore ce qu’ils allaient faire. Je lui ai tout de suite parlé de mon travail sur le tatouage que j’ai présenté en 2005 à l’exposition “Latitudes” de la mairie de Paris et à l’exposition “Cru” du musée des Îles. J’ai bien expliqué la signification de mon travail pour qu’il comprenne que c’était une démarche artistique”.

Dans cette oeuvre, Laiza se “tatouait” le visage en projetant, avec les rayons du soleil, des tatouages peints sur une vitre. Par ce procédé à la fois simple et éphémère, l’artiste s’interrogeait sur la valeur et la permanence de cette tradition emblématique polynésienne (lire encadré). Née en Nouvelle-Zélande, d’une mère rarotongaise et d’un père marquisien, Laiza a passé toute son enfance à Tahiti : “aujourd’hui, à l’arrêt des trucks à Papeete, on ne voit presque plus de mama qui portent des chapeaux et des vêtements traditionnels. Tout a bougé, les jeunes s’habillent en Billabong, ont des i-Pod. Vivre dans le passé, c’est utopique. Mais est-ce que l’on va perdre notre culture ? Notre culture va-t-elle disparaître ou au contraire être renforcée ?”

Tout a bougé, les jeunes s’habillent en Billabong, ont des i-Pod

À travers ses oeuvres, Laiza ne cesse de s’interroger sur son identité, sa culture. Une de ses photos en noir et blanc, prise en 2001, intitulée “carrefour culturel” ou “un tiki dans la ville”, illustre bien ses interrogations. Au premier plan, un tiki marquisien est posé en équilibre sur le coin d’un balcon, au 8e ou 9e étage d’un immeuble. L’angle de la rambarde du balcon crée une ligne de fuite par laquelle le regard s’échappe pour se perdre dans la ville en contrebas : des immeubles haussmanniens, des rues, une voie de chemin de fer, un pont, des voitures. Chaleur de la couleur du bois, douceurs des courbes de la sculpture contrastent avec les matériaux sans âmes du balcon et de l’ambiance hivernale de ce paysage citadin. Tout concours à créer un décalage qui intrigue, met mal à l’aise. “Si Gauguin est arrivé jusqu’à nous aux Marquises, à notre tour, nous, Marquisiens, devons repousser les limites de notre fenua à la terre entière expliquait Laiza lors de l’exposition d’une de ses oeuvres au centre culturel Gauguin de Atuona. Elle se demande : “comment trouver ma place dans ce mélange ethnique ?”

Pour Laiza, son séjour parisien a renforcé son identité. En 2009, c’est au quai Branly qu’elle se met en scène avec les objets polynésiens qu’elle se réapproprie malgré les vitrines qui les protègent (cf photo). L’ambition de l’artiste : “contribuer à la promotion de l’art contemporain en Polynésie. L’art peut aider la construction de l’identité d’un pays et favoriser son économie”. Pour ce faire, elle envisage de passer l’agrégation d’arts plastiques l’année prochaine puis de préparer un doctorat, avec le rêve d’ouvrir une filière d’arts plastiques, ici, à l’UPF : “il y a un énorme potentiel et nous sommes les derniers dans le Pacifique.” Comment résister au charme et à l’énergie de Laiza ? Elle porte une magnifique perle au doigt. Le cadeau d’un bijoutier de Faa’a avec qui elle a discuté informatique dans le ferry qui l’amenait à Moorea.

HFD

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