VIRGINIE hoifua te matagi TAFILAGI

1453399_789096424469919_4118472936218483438_nInvitée du Salon du Livre francophone du Pacifique en Nouvelle-Calédonie, pour Wallis-et-Futuna. Virginie Hoifua Te Matagi Tafilagi est née le 19 juillet 1965, à ‘Uvea (Wallis), où elle est scolarisée jusqu’à la fin de ses années au collège. La poursuite de ses études la conduit en Nouvelle-Calédonie, au lycée Blaise Pascal, Puis en France, à l’université Michel de Montaigne, de Bordeaux.

Depuis 15 ans, elle enseigne l’anglais au Collège de Lano (où elle fut élève), après avoir exercé au lycée Do Kamo, à Nouméa, et au Collège de Sigave, à Futuna.
Elle publie quelques articles en français et des Poèmes en faka’uvea, la langue wallisienne, Dans l’hebdomadaire bilingue Te Fenua fo’ou, à Wallis-et-Futuna (qui cesse de paraître en 2002). En 2004, elle participe à l’élaboration et à la publication d’un livret de poèmes bilingues composés par une classe de 5e du collège de Lano (Wallis).aborde le « Discours sur l ‘aga’i Fenua ou coutume à ‘Uvea  » dans un ouvrage collectif et bilingue, intitulé Uvea, Publié en collaboration avec l’Institut des Études Polynésiennes de Suva (Fidji).

Mais c’est la conservation, ainsi que la transmission du patrimoine culturel de son île qui retiennent toute son attention: elle procéde donc, depuis quelques années, à la collecte et à la transcription des chants de danses antérieurs à 1960. Dès 2002, elle écrit des textes des chants de en faka’uvea, adhère au groupe de danses traditionnelles Wallis Mako, qu’elle accompagne en tournée en Pologne, deux années consécutives (juillet / août 2005, juillet 2006), en tant qu’interprète, attachée de culturelle et auteure.

Ses poèmes, en voie d’édition, sont pétris d’énergie et comme traversés par un souffle puissant qui dit l’enracinement et la force d’une jeune poétesse pleine d’avenir.

Photo d’archives

Bibliographie

o «Les devoirs et les défis de l’homme d’Ouvéa et de Futuna au XXIe siècle», dans Te Fenua Fo’ou, hebdomadaire bilingue, numéro 309, Mata Utu (Wallis), novembre 2001 (pp 10-12). (entre autres articles et poèmes publiés plongeurs Dans numéros de cette revue).

o «Poèmes» et «Discours sur l’aga’i Dans fenua ou coutume à Ouvéa», dans Uvea, ouvrage collectif sous la direction de Filihau Asi Talatini, Élise Huffer et Mikaele Tui, publié en collaboration avec l’Institut des Études Polynésiennes et le service des affaires culturelles de Wallis-et-Futuna, Université du Pacifique Sud, Suva (Fidji), 2004 (192 pages) – source : « lire un pays »

JADIS, PIROGUES INTRÉPIDES…

Que n’aurais-je pas cédé – Pour tous les jours m’abîmer – Dans l’écume filante des vents – Gravée sur le front conquérant – De notre Vaka d’antan : Rames-guides de Toga – Limbes-voiles de Sāmoa – Cordages fibres de niu tout-puissants – Essence, fragrance, Immuable rang de fruits et de fleurs – Amarrant toute lignée à ses aïeux, De nos racines-mains – Traçons nos fiers chemins – Vers le visage de la Terre – Où se pâme le soleil bondissant, Où se mirent nos abondants vivres-dons, Que notre Kava se redresse – Saveur sacrée, miel pour les cieux, Que les voix, les nourrissant, flamboient nos yeux Pour les rendre au grand large – Où se figure l’antique voyage :


Que s’élève de Niuataputapu la vague élue Virtuose des grandes traversées, Venez à nous l’Infatigable qui sillonnez le firmament – Gouvernez nos rames prêtant main forte aux alizés, ‘Auē Havaiki, faites-nous la grâce – De river nos entrailles aux paroles et aux chants – Qui étanchent l’Exil, qui ferrent l’Éspoir.


Téméraire mais inéluctable notre danse sur les déferlantes, Que nos pagaies, entre les brisants, découvrent toutes leurs dents, Foisonnez avec clémence Tokelau vent du nord De Matavai la légende nous nous consumons,


A double allure – Notre pirogue fend, tranche dignement les longues houles – Vers un havre de quiétude – Couronné de cimes éclat d’argent – De fumantes colonnes jaillissantes -Terre primaire, Waitangi, dévoile-nous ton haka,


Des lames innombrables broyées, anéanties, Nous voici traquant l’Indomptable victorieuse d’un cortège de voiles infini, Nous voici requerrant l’honneur souverain, à Maunaloa, de goûter enfin au répit : Hawai’i lève-toi, tends-nous les bras, Rougeoyant de fureur divine te pito o te henua se déchire – Détrônant de son flanc pénétrant les dieux qui se pétrifient inexorablement, Qu’on érige ‘Aliki de la traversée – Les rames redoutables qui, jusqu’ici, nous ont menés – Dignes successeurs des divinités figées, Triomphe, vigilance,

Sur les lointains rivages trépignent des rangées de voiles – Mûrissant l’incoercible don de terrasser le Grand Océan.


– Contribution à l’ouvrage collectif : Sillages d’Océanie 2009 (Association des Écrivains de la Nouvelle Calédonie). 2 textes: « Au centre de tout » (extrait de Souffle debout) ; « Palabres » p.196-200.

– Contribution à l’ouvrage collectif Outre-Mer : Trois océans en poésie (Editions Bruno Doucey, 2011). 2 textes: « Souffle debout » (extrait) ; « Mes yeux-paroles » (extrait) p.245-248

– 2015 / 2016 projet d’édition d’un recueil de textes (français-wallisien)

5 commentaires à propos de “VIRGINIE hoifua te matagi TAFILAGI

  1. Grâce au web, je retrouve, par hasard, cet élan, ce grand souffle singulier qui part et revient sans cesse pour balayer et ensemencer « cette Isle » à l’infini… Comment, à des milliers de kilomètres, peut-on oublier son nom, comment oublier Virginie ? Comment oublier les enfants de là-bas ?
    Meilleur souvenir à Jean-Claude et aux autres.
    Anne Carré, Nantes, France

  2. Grâce au web, je retrouve cette île magique, sa lumière, ses vents singuliers qui la balayent et l’ensemencent à l’infini… A des milliers de kilomètres, comment oublier son nom, son âme, ses enfants… Merci Virginie encore et transmets nos pensées à Jean-Claude.
    Amitiés.
    Anne Carré, Nantes, France

  3. Bonjour Virginie, j’aurais aimé que tu me contacte pour un projet litérraire. C’est urgent Merci et A bientôt !! TOM TAU

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